Donation déguisée
Elle se présente sous l'apparence d'un acte à titre onéreux
(vente principalement), mais dissimule une libéralité.
EXEMPLES - Pour l'essentiel :
- vente fictive,
- reconnaissance d'une dette inexistante,
- vente en viager à un héritier en ligne directe.
Elle est valable si les conditions de forme requises pour la vente,
dont elle emprunte l'apparence, et les conditions
de fonds des donations sont réunies.
La loi interdit cependant les donations déguisées profit
d'un incapable (majeur sous tutelle, par exemple) mais autorise celles consenties entre époux.
Sauf présomption légale (cas de la vente en viager à
un enfant, par exemple), la preuve de la dissimulation doit être
apportée (tous les moyens sont autorisés, mais un écrit
est nécessaire entre les parties si l'enjeu est supérieur
à 800 €). Peuvent être pris en compte :
- l'âge du donateur,
- ses liens de parenté ou affectifs avec le bénéficiaire,
- la situation financière à tous deux, etc.
Comme la donation indirecte, la donation déguisée est
normalement rapportable.
Elle peut être réduite
si elle porte atteinte à la réserve
des autres héritiers (mais ceux-ci ne peuvent demander son annulation
totale).
En principe, l'acte sous couvert duquel a été effectuée
la donation est soumis au régime fiscal qui lui est propre, par
exemple :
A condition de prouver la gratuité de l'opération, le fisc
peut en outre réclamer le paiement des
droits
de donation.
Cas des abus de droit
- Si l'acte, sous couvert duquel a été effectuée
la donation, était motivé uniquement par la volonté
d'échapper en tout ou partie aux droits de donation, le contrevenant
encourt :
- le paiement des droits exigibles,
- mais aussi l'intérêt de retard à 0,40 % par mois pour les intérêts courants
à compter du 01.01.2006, et une majoration de 80 %.