Le règlement des successions accéléré et simplifié
La réforme vise à dénouer les opérations
successorales dans des délais plus courts et simplifie les procédures.
Réduction du délai accordé aux héritiers pour exercer leur option successorale : le délai pour accepter une succession ou y renoncer passe de 30 à 10 ans. Passé ce délai, le silence de l'héritier vaudra renonciation.
Cependant, pour éviter le blocage du règlement d'une succession
en l'absence d'acceptation ou de renonciation à la succession
par les héritiers dans un délai raisonnable, dès
4 mois après le décès, tout héritier pourrait
être mis en demeure (par d'autres héritiers ou créanciers
du défunt) de se prononcer dans un délai de 2 mois. Faute
de réponse, il serait considéré comme ayant accepté
la succession, avec ses dettes éventuelles.
Réduction du délai de contestation d'un don ou d'un
legs : le délai accordé à un héritier
réservataire pour contester une donation ou un legs qui atteint
sa part de réserve passe de 30 ans à 5 ans (ou 2 ans,
à compter de sa découverte dans la limite de 10 ans).
En outre, si lors du partage d'une succession, un héritier a reçu un lot d'une valeur inférieure de plus du quart à celui qu'il aurait dû recevoir, il a 2 ans pour demander aux autres héritiers de compléter sa part, et non plus commeauparavant, l'annulation complète du partage.
Faciliter l'acceptation sous bénéfice d'inventaire
: rebaptisée "acceptation à concurrence de l'actif",
l'héritier acceptant peut dsormais conserver tout ou partie des biens
successoraux, à charge de verser aux créanciers éventuels
le prix des dettes en fonction de la valeur fixée dans l'inventaire,
les biens non conservés pouvant être vendus librement (et
non aux enchères, après autorisation préalable).
Permettre à un héritier d'être déchargé
d'une dette non connue au moment de l'acceptation : les héritiers
ayant accepté la succession peuvent être exonérés,
par le juge, du paiement des dettes qu'ils ignoraient au moment de prendre
la décision d'accepter la succession "lorsque les dettes risquent de peser lourdement
sur son patrimoine" (actuellement, l'héritier
acceptant est tenu de régler les dettes du défunt, même
importantes et quelles qu'en soient les conséquences pour son
patrimoine personnel).
Limitation des legs de sommes d'argent : l'obligation pour les
héritiers ayant accepté purement et simplement la succession
de payer le legs d'une somme d'argent est limitée à hauteur
des biens recueillis dans la succession (auparavant, les héritiers
doivent satisfaire à cette obligation sans limite, sur leurs
biens personnels).
Mandat posthume : toute personne peut à l'avance donner
mandat à une personne de confiance pour gérer ou administrer
certains biens lorsque les héritiers n'ont pas la capacité
de le faire eux-mêmes. Ce mandat a deux domaines d'application
privilégiés : la gestion de l'entreprise après
le décès de l'entrepreneur ainsi que la gestion d'un patrimoine
en présence d'héritiers mineurs ou atteints d'un handicap.
Mandat successoral : en cas de blocage d'une succession, le
juge peut désigner toute personne qualifiée pour administrer
provisoirement la succession.
Gestion des biens facilitée : la gestion des biens par
les héritiers avant d'avoir accepté la succession, ou
après, pour les biens en indivision, est facilitée. Notamment,
l'unanimité de tous les coindivisaires n'est plus nécessaire
pour toutes les décisions. La majorité des 2/3 est désormais
suffisante pour effectuer les actes d'administration portant sur des
biens indivis.
Partage simplifié : si le partage est bloqué par l'absence ou le silence d'un des héritiers, les autres peuvent le mettre en demeure de désigner un représentant.Sinon, le juge en désignera un et pourra lui faire accepter le partage au nom dé l'héritier.