La fiscalité
En principe, les cotisations versées par l'employeur au titre
d'un contrat de prévoyance sont déductibles du résultat
imposable de l'entreprise.
Les contrats à prestations définies présentent
toutefois la particularité de fournir des garanties totalement
aléatoires puisque l'entreprise ignore quels seront les salariés
encore présents au moment de leur départ en retraite.
Or, l'article 39-1.5 du CGI prévoit que les provisions constituées
en vue de faire face à des pertes ou des charges sont déductibles
à condition d'avoir été effectivement constatées
dans les écritures de l'exercice.
Par conséquent, l'article
39-1.5° place devant une difficile alternative l'entreprise qui
a souscrit, au profit de ses salariés, un régime de retraite
par capitalisation, dit "à prestations définies".
En effet, pour se préparer à faire face
à ses engagements, cette entreprise peut théoriquement
adopter deux solutions.
Tout d'abord, l'entreprise peut passer des provisions correspondant
aux engagements pris. Par application de l'article 39-1.5°, le fisc
va réintégrer les provisions dans le bénéfice
imposable. C'est seulement au moment du versement effectif de compléments
de retraite aux anciens salariés que les dépenses correspondantes
seront déductibles du bénéfice imposable.
L'entreprise peut également choisir de souscrire un contrat
auprès d'une compagnie d'assurance
pour se couvrir du risque pris. Les primes versées entraînent
une réduction d'actif définitive et incontestable. Elles
peuvent alors être passées en frais généraux.
L'entreprise a donc le choix entre :
- ne pas sortir d'argent tout de suite en prenant le risque de
charger, peut-être à l'excès, des exercices futurs
et, corrélativement, de donner une image insuffisamment exacte
de son avenir financier, de mal répartir ses sorties d'argent
dans le temps si les départs en retraite ne sont pas eux-mêmes
réguliers, de passer les sommes versées en frais généraux
à une époque où les bénéfices ne
seront peut-être pas au rendez-vous ;
- sortir l'argent immédiatement en évitant les risques
correspondant à la première solution mais en alourdissant
ses charges présentes et en procédant à des dépenses
qui se révéleront peut-être avoir été
au moins partiellement inutiles si un nombre plus ou moins élevé
de salariés bénéficiaires n'appartient plus à
l'entreprise à l'heure du départ à la retraite.