Viager entre particuliers
"L'essentiel en un clin d'il"
"Qu'est-ce que c'est ?" Vous êtes
en présence d'une opération financière, qu'il s'agisse
d'un "prêt viager" (ou "viager financier") ou d'une
"vente en viager", le plus souvent réalisée lors de
la vente d'un immeuble.
L'une ou l'autre opération présente
les mêmes caractéristiques, engendre les mêmes droits et
obligations. Elle est aléatoire, car liée à la durée
de vie humaine, et met en présence au moins deux personnes : le
"crédirentier" (ou simplement "rentier"), bénéficiaire
d'une rente à vie et le "débirentier", qui verse
la rente.
À présent, attachons-nous uniquement
au prêt viager.
"A quoi cela sert-il ?" Un contrat de
prêt spécifique (ou "constitution de rente") est conclu.
Le rentier "prête" une somme d'argent au débirentier.
Mais ce capital ne lui sera pas remboursé : en revanche, il va percevoir
une rente jusqu'à son décès.
Le rentier, généralement d'un certain
âge, va chercher à compléter sa retraite future ou actuelle.
Pour sa part, le débirentier a la faculté de réaliser une
bonne opération sur le long terme en souscrivant un "crédit"
de longue durée (quoique incertaine) non remboursable en capital.
"Dans quel contexte peut-on ou doit-on l'utiliser
?" Il existe aujourd'hui un véritable marché de la rente
viagère entre particuliers.
Que vous souhaitiez devenir rentier ou débirentier,
vous pouvez agir seul avec les risques que cela comporte, ou, pour une plus
grande sécurité, passer par l'intermédiaire d'un organisme
spécialisé chargé de mettre les intéressés
en présence par voie d'annonces et offrant une assistance technique.
"Quels en sont les avantages ?" S'agissant
du rentier, le taux de la rente sera supérieur à l'intérêt
que produirait normalement le capital aliéné, autrement dit la
somme d'argent "prêtée" si celle-ci avait été
placée. De plus, deux procédés pallient aux effets d'une
hausse des prix dans l'avenir : la rente peut être indexée
et son montant est révisé chaque année selon un système
de majorations légales.
Le débirentier, lui, parie en quelque sorte
sur l'aléa, donc sur la durée de vie du rentier : si ce dernier
décède plus tôt que prévu, il versera moins que prévu.
"Y a-t-il des précautions d'emploi ?"
Le rentier devra se protéger non seulement contre la hausse des prix,
mais aussi, plus simplement, contre l'insolvabilité du débirentier.
Les intermédiaires ont cherché à multiplier les précautions
en la matière et imaginé divers procédés : "séquestre
bancaire", le débirentier devant bloquer en banque une annuité
d'avance ; intervention d'une société de recouvrement de
créances ; contrat d'assurance-décès sur la tête
du débirentier au profit du crédirentier, etc.
De son côté, le débirentier
veillera à ce que le taux de la rente ne soit pas trop élevé
au regard de la durée de vie probable du rentier.
"Combien ça coûte ?" La
présence d'un intermédiaire entraîne des frais (de négociation
et de gestion), prix de la sécurité à payer lorsque cet
intermédiaire présente toutes les garanties de sérieux
et de compétence. La rente perçue est par ailleurs imposable à
l'impôt sur le revenu pour une fraction de son montant : entre 30
et 70 % selon l'âge du crédirentier lors du premier versement.
Un exemple d'utilisation
Vous prenez le risque d'être gagnant. Par l'intermédiaire
d'un organisme spécialisé, vous serez prochainement en possession
de nouveaux fonds : un capital de 100 000 €, en l'occurrence,
va vous être prêté.
En contrepartie, vous allez vous engager sur le long
terme à verser une rente non réversible, mais indexée,
à une personne de 70 ans. Son espérance de vie est d'une
quinzaine d'années.
L'heure n'étant pas aux périodes de forte
inflation, vous pensez faire une bonne affaire. La signature du contrat est
prévu la semaine prochaine et le montant exact de la rente que vous aurez
à payer ne vous à pas encore été communiqué.
Vous avez effectué quelques recherches personnelles
dans des ouvrages spécialisés. À titre purement indicatif, vous
avez ainsi pris connaissance d'un barème de rentes immédiates.
Selon le tarif des rentes sur une tête (votre rente
n'étant pas réversible) que vous avez sous les yeux, pour un capital
de 100 000 €, le montant de la rente annuelle s'élèverait
à 10 345 € environ, soit approximativement 860 €
par mois à verser, si l'âge du crédirentier est de 70 ans.
Les 5 points à retenir
- Une opération complexe, mettant en jeu des intérêts
"vitaux".
- D'où l'intérêt de recourir à
un spécialiste pour bénéficier d'une assistance technique.
- Pour le crédirentier : le confort d'un revenu
complémentaire.
- Un débirentier en général moins
bien protégé.
- Car une grande incertitude quant à la durée
des prestations à verser.
