Placement viager auprès d'un organisme assureur
"L'essentiel en un clin d'il"
"Qu'est-ce que c'est ?"
Vous consacrez déjà une bonne partie de vos revenus, sous forme
de cotisations, dans la constitution de votre retraite future. Mais vous doutez
de pouvoir en tirer la substance financière suffisante, à compter
du jour où vous cesserez toute activité.
Certains produits financiers spécifiques ont été
conçus dans un objectif précis : vous garantir le versement d'un
revenu jusqu'à votre dernier jour. Également connus sous le nom
de placements viagers ou compléments de retraite, ils peuvent être
souscrits auprès d'une compagnie d'assurance ou d'une mutuelle, par vous
directement et/ou par votre entreprise à votre profit si vous êtes
salarié.
"A quoi cela sert-il ?" Moyennant le versement
préalable de primes échelonnées dans le temps et/ou d'un
capital, vous obtenez des droits à prestations. En l'occurrence, une
rente vous sera versée, régulièrement, à partir
d'une date déterminée : le jour de votre départ à
la retraite, par exemple, voire immédiatement.
Cette rente sera revue à la hausse chaque année,
notamment par le jeu d'une participation aux performances financières
de votre organisme assureur.
"Dans quel contexte peut-on ou doit-on l'utiliser ?"
La "crise des retraites" a conféré un regain d'intérêt
aux placements viagers.
Vous ne connaissez pas la durée de votre existence, mais
vous commencez à vous faire une idée précise des ressources
dont vous disposerez pendant votre retraite. Vous constituez donc, dès
à présent, une épargne spécifique pour vous couvrir
contre les conséquences financières dues à une baisse de
ressources dans 10, 20 ou 30 ans.
"Quels en sont les avantages ?" Certains versements
peuvent ouvrir droit à avantages fiscaux. Ainsi, les indépendants
peuvent-ils, dans le cadre de la loi Madelin, déduire de leur bénéfice
imposable le montant des cotisations complémentaires facultatives de
vieillesse, maladie, maternité, invalidité, décès
et perte d'emploi. Cette déduction reste cependant soumise à conditions.
"Y a-t-il des précautions d'emploi ?"
Le contrat de rente viagère est aléatoire. Ses effets dépendent
d'une inconnue : la durée de votre existence. La rente s'éteindra
généralement à votre décès : si vous mourez
plus tôt que prévu, vous aurez alors tout perdu. Mais que vous
importe !
Un revenu viager peut cependant avoir plusieurs "têtes".
Moyennant un prix plus élevé ou en contrepartie d'un niveau de
rente plus faible, vous pouvez opter pour la réversion. À votre
décès, la rente bénéficiera à une deuxième
"tête" : votre conjoint, le plus souvent.
Il existe une autre variante qui est la rente viagère
universelle. Dans ce cas, à votre décès, le capital initial
de la rente sera reversé à vos héritiers.
"Combien ça coûte ?" Indépendamment
des frais liés à la souscription, vous devrez verser le prix de
la rente qui est calculé en fonction de plusieurs paramètres :
la somme d'argent que vous êtes disposé à aliéner,
le montant de la prestation viagère, mais aussi votre espérance
de vie probable. Enfin, vos revenus viagers (ou "arrérages")
seront imposables.
Un exemple d'utilisation
Un médecin de 35 ans, marié, ayant deux
enfants à charge, vit actuellement dans des conditions financières
relativement confortables. Il dispose d'un revenu annuel moyen de l'ordre de
45 000 €.
Imaginons qu'il poursuive la même carrière au cours
des 30 prochaines années. Il percevra une pension de retraite d'environ
38 000 €.
Pour l'heure, notre médecin met
régulièrement de l'argent de côté et diversifie ses
placements. Ayant décidé de se garantir efficacement contre la
baisse inéluctable de ses ressources futures, il vient par ailleurs de
souscrire un contrat de rente viagère. Il sait que cette opération
ne résoudra pas nécessairement son problème de retraite
dans son intégralité. Ce faisant, il acquiert tout de même
une sorte de "créance" sur une fraction des richesses qui seront
produites pendant son troisième âge.
30 ans ont passé. Notre ex-médecin et son épouse
vivent confortablement. Leur pouvoir d'achat s'est maintenu grâce aux
placements antérieurement effectués. À la retraite de base de
Monsieur, vient notamment s'ajouter une rente viagère. S'agissant d'une
rente à titre onéreux, celle-ci est imposable pour une fraction
de son montant : en l'occurrence 40 % du montant de la rente puisque,
lors du premier versement, notre ex-médecin était âgé
de 65 ans.
10 ans ont encore passé. Monsieur est décédé.
Son épouse va percevoir 54 % de la retraite de base du défunt.
Ce ne seront pas ses seules ressources. Va en effet s'y ajouter une fraction
non négligeable de la rente viagère constituée 40 ans
auparavant, avec un taux de réversion de 60 %.
Les 4 points à retenir
- Des formules diverses, relativement souples, mais complexes et hétérogènes.
- Un objectif précis : servir des revenus jusqu'au décès
d'une personne.
- La large place des prestations obtenues parmi les ressources du retraité.
- Une possibilité de transfert de la rente sur son conjoint ou sa conjointe.
