Société civile immobilière (SCI)
"L'essentiel en un
clin d'il"
"Qu'est-ce que c'est ?" Une
SCI doit être constituée entre deux personnes au moins : vous
et votre conjoint, votre concubin, vos enfants ou toute autre personne. Vous
vous regroupez ainsi dans le but de détenir et gérer un immeuble
(ou plusieurs immeubles).
L'immeuble que vous apportez ou achetez (ou même
construisez) en SCI constitue la propriété exclusive de celle-ci.
Vous-même et vos autres associés détenez uniquement des
parts sociales. Le nombre de parts qui vous revient est proportionnel à
votre participation dans la société, autrement dit à vos
apports : immeuble ou somme d'argent.
"A quoi cela sert-il ?" Juridiquement,
l'utilité de la SCI ne saurait être mis en doute.
Elle permettra parfois à plusieurs personnes de
détenir en commun un ou plusieurs biens immobiliers qu'elles ne veulent
pas vendre et/ou ne peuvent diviser, de gérer, mais aussi de transmettre
plus facilement ce patrimoine immobilier par le biais de parts sociales. Étant
entendu qu'il est toujours difficile de fractionner un immeuble...
"Dans quel contexte peut-on ou doit-on l'utiliser
?" Dans un cadre familial : imaginons que vous souhaitiez préparer
votre succession en facilitant la transmission ultérieure d'un ou plusieurs
immeubles. Ou sur le plan professionnel : prenons pour hypothèse que
vous soyez indépendant, marié et que vous vouliez dissocier votre
activité commerciale et votre patrimoine immobilier.
Ou encore, en tant qu'investisseur, pour regrouper des
capitaux, mais aussi isoler et bien identifier un groupe d'immeubles servant,
par exemple, de support à un contrat d'assurance-vie.
"Quels en sont les avantages ?" Les
articles de presse louant les mérites des SCI sont fréquents.
Et ce phénomène de mode dure depuis plusieurs années. De
fait, selon vos projets, votre situation familiale, professionnelle et le statut
juridique de l'immeuble (s'il vous appartient en propre ou a été
acquis à plusieurs), plusieurs raisons peuvent motiver le recours à
une SCI.
D'une part, éviter les incertitudes de l'indivision
et la discorde dans les familles, suite à un divorce, une séparation
ou un décès, voire éviter certains aléas professionnels
du chef d'entreprise. D'autre part, transmettre votre patrimoine immobilier
à vos proches, dans les meilleures conditions en passant, partiellement
et légalement, au travers des droits de succession.
"Y a-t-il des précautions d'emploi ?"
Effectivement, prudence, la SCI reste un outil juridique à manier avec
précaution.
De façon générale, évitez
les montages complexes alliant la SCI et le démembrement de propriété,
susceptibles d'attirer l'attention du fisc. N'oubliez pas également que
la SCI ne doit pas avoir comme activité principale et régulière
l'achat et la revente d'immeubles.
"Combien ça coûte ?" Vous
aurez à payer des frais de constitution non négligeables. D'autre
part, vous serez personnellement imposable sur votre quote-part des bénéfices
réalisés, comme si vous étiez propriétaire en direct
d'une partie de l'immeuble.
Un exemple d'utilisation
Un exemple, bien évidemment simplifié, pour
mieux comprendre. Vous décidez de constituer une SCI à deux. Vous
apportez personnellement une somme de 210 000 €. Votre associé,
en l'occurrence, votre fils unique, apporte 15 000 €.
Le total de vos apports sert à acquérir
un immeuble de 225 000 €. Dans l'hypothèse où le
capital de la SCI est divisé en 1 500 parts sociales, 1 400 parts
vous seront attribuées et votre fils en recevra 100, chacune de ces parts
ayant une valeur de 150 €.
Attention, cependant, aux modalités d'évaluation
des parts. En pratique, vous pouvez avoir recourt au crédit pour effectuer
vos apports à la SCI. Tant qu'il n'a pas été entièrement
remboursé, cet emprunt constitue une dette dont il doit être tenu
compte.
Cette dette vient en diminution de la valeur de l'immeuble
détenu par la SCI. Le montant ainsi obtenu est alors divisé par
le nombre de parts sociales. Le résultat final indique la valeur d'une
part.
Admettons à présent que vous ayez apporté
500 000 € à la SCI, votre fils 100 000 €
et que vous ayez souscrit un emprunt de 900 000 € pour l'acquisition
du même immeuble.
Cet emprunt va venir en déduction de la valeur
de l'appartement. Au moment de la constitution de la SCI, les 1 500 parts
de la société auront donc une valeur unitaire de (1 500 000 €
- 900 000 €) : 1 500 = 400 €.
Cette valeur unitaire va bien évidemment augmenter
au fur et à mesure du remboursement de l'emprunt. Admettons qu'elle soit
de 500 € dans 1 an (la valeur de l'immeuble n'ayant subi aucune évolution,
ni à la hausse ni à la baisse) et qu'à cette date vous
donniez toutes vos parts à vos fils.
Les droits de donation seront calculés sur 500 €
x 1 400 = 700 000 € (compte non tenu de l'abattement de
156 359 €).
En revanche, si aucun emprunt n'avait été
souscrit, ces droits seraient calculés sur 1 000 € x
1 400 = 1 400 000 €.
Les 5 points à retenir
- Un instrument de gestion et de transmission de patrimoine
immobilier.
- Des possibilités d'utilisation pour motifs familiaux,
professionnels et/ou financiers.
- Une solution parmi d'autres pour éviter les
problèmes de l'indivision.
- Une société, donc des contraintes et
obligations, légales, comptables et fiscales.
- Gare aux montages complexes et à but exclusivement
fiscal.
